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jeudi 8 décembre 2011

Épandage de sel sur le Chemin du Barrage

Suite à une information que nous avons reçue en provenance du Ministère des transports, nous avons appris que ce dernier avait autorisé l’épandage de 15 tonnes de sel par kilomètre sur le Chemin du Barrage. Cette pratique nous apparaissant dangereuse non seulement pour le lac mais aussi pour nos puits artésiens, nous avons sollicité, votre président Marcel Gaumond et moi-même, une rencontre avec le maire de notre municipalité M. Gosselin et notre échevin M. Yves Samson.


Cette rencontre a eu lieu lundi le 5 décembre.  M. le maire nous a confirmé que le MTQ est bien au fait des impacts potentiels de l’épandage du sel sur l’environnement et sur les puits artésiens. C’est une situation bien connue ailleurs dans la province et même dans notre région. Cependant, le MTQ maintient sa position en raison du grand nombre de véhicules lourds qui circulent sur le Chemin du Barrage suite au détournement de la 112 et des risques d’accident si le chemin n’est pas maintenu sur l’asphalte durant l’hiver.

Concernant la possibilité de polluer nos puits artésiens, Le MTQ est très au fait de cette situation et est même prêt à prendre la responsabilité de corriger toute situation engendrée par l’épandage de sel sur la route à la condition que la municipalité en fasse officiellement la demande au MTQ . Une résolution à cet effet a d’ailleurs été adoptée le soir même du 5 décembre par le conseil municipal de St-Joseph-de-Coleraine.

Face à cette position ferme du MTQ, nous avons demandé une rencontre, le plus rapidement possible, avec les représentants du MTQ, les représentants de notre municipalité et tous les riverains du Chemin du Barrage. À cette rencontre, le MTQ pourrait nous expliquer clairement sa position et ses engagements envers nos puits artésiens, les riverains pourraient faire valoir leur point de vue et peut-être en arriver à un compromis acceptable pour les deux parties.

Dès que nous aurons la date de cette rencontre, nous vous ferons parvenir un avis à cet effet. Nous comptons sur la présence du plus grand nombre possible de riverains afin que nous puissions faire valoir nos droits.

lundi 21 novembre 2011

SUIVI DES TRAVAUX DE LA STATION DE POMPAGE

par Normand Baker
Porteur du dossier “Prise d’eau de Thetford dans le GLSF” pour l’ARC

Me voilà de retour après une longue interruption pour l’été.  Trois bonnes raisons ont fait en sorte que cette pause a été assez longue. La première étant que, pendant l’été, les gens étaient sur place et pouvaient constater d’eux-mêmes l’évolution des travaux. La deuxième raison était que j’ai dû travailler pendant presque tout l’été, après avoir accepté un court remplacement qui s’est prolongé jusqu’à tout récemment. Enfin la dernière et la plus importante à mes yeux est que j’ai voulu consacrer mes heures de loisirs à autre chose que mon ordinateur pour profiter de l’extérieur.

Travaux sur le lac

Les travaux de la prise d’eau immergée se poursuivent à un rythme qui me semble assez lent. Ils doivent se terminer avant l’arrivée des glaces. Selon le calendrier directeur que j’ai en main, ils auraient dû être terminés à l’heure actuelle. Selon ce que j’ai pu observer à distance, la conduite a été installée sur les pieux et fusionnée avec la conduite de la station de pompage déjà dans le lac, suite au forage de l’automne dernier. Il ne resterait donc que l’installation d’une structure d’acier, d’un coffrage et bétonnage  pour se terminer par l’installation de la crépine et la démobilisation des équipements.



 Travaux à la station de pompage

De leurs côté, les travaux à la station de pompage semblent suivre l’échéancier prévu. En effet, le radier de béton, les murs du puits de pompage, les fondations du bâtiment sont complétés. On peut aussi remarquer que l’aménagement du site a pris sa forme définitive. La prochaine étape va consister à élever la structure d’acier. Selon l’ingénieur responsable des travaux, cette étape pourrait débuter prochainement.


 Travaux de la conduite d’adduction

Ces travaux sont enfin terminés. Ils ont été de loin des plus perturbant et le détournement de la route 112 est venu compliquer grandement la situation déjà assez pénible. De plus, ils ont laissé des séquelles qui sont loin d’être réparées. Bien qu’on nous ait promis la meilleure des collaborations, j’ai dû intervenir à plusieurs reprises, avec l’aide des représentants de notre municipalité, pour que les responsables des travaux corrigent certains effets néfastes de leurs interventions. Je dois d’ailleurs remercier Yves Samson notre échevin, Martin Cadorette,  le  directeur général, Martin Daigle responsable des travaux et notre maire Gilles Gosselin. Ce dernier a même pris la peine de venir sur place et de prendre des notes sur chaque problème rencontré.

Suite à des remarques des riverains et à une expérience personnelle, j’ai demandé que les responsables des travaux viennent d’urgence corriger une situation extrêmement  dangereuse causée par les travaux dans le secteur des courbes près du Lac Rond. Des correctifs ont finalement été apportés mais il a fallu utiliser des moyens extraordinaires pour y arriver.

C’est une situation anormale qui ne laisse présager rien de bon pour la remise à niveau du chemin et de la piste cyclable et je m’explique. Lors de la rencontre entre les responsables de la ville de Thetford, le représentant de la firme TGC, les représentants de la ville de Coleraine et moi-même qui a eu lieu suite à ma demande d’intervention urgente, j’ai été à même de constater le niveau de discussion et le type d’approche que nous réserve dorénavant les représentant de Thetford dans ce dossier. Nous aurons l’occasion de nous en reparler à coup sûr mais je peux vous dire pour l’instant que pour la ville de Thetford leur position est qu’ils ne sont responsables que de peu de choses. Selon eux, les responsables sont d’abord le détournement de la route 112, la ville de Coleraine et la tempête Irène qui s’est ajoutée.  Tout cela est vrai, en partie du moins.  De plus je comprends qu’il y a un jeu de négociation normal dans ces circonstances.

Cependant là où je n’accepte pas les explications des représentants de Thetford, c’est quand on les place devant des situations problématiques, ils nous répondent qu’ils ont tout filmé avant, qu’ils vont regarder cela et évaluer s’ils doivent corriger.  D’autre part, ils nous refusent l’accès à ces documents auxquels ils font référence. Avant le début des travaux, la ville de Thetford nous assurait de leur pleine et entière collaboration et cela en toute transparence. Depuis, c’est tout le contraire qui se produit.

Notre piste cyclable a vieilli d’au moins 10 ans  durant la durée des travaux, c’est-à-dire qu’elle est actuellement dans l’état où on l’aurait retrouvée dans dix ans sans aucun travail d’entretien. Pourtant, Thetford n’admet pas cette situation. Ils se contentent de nous dire qu’ils vont remettre le tout dans l’état préalable aux travaux ce qui laisse sous-entendre, qu’ils vont “patcher” au lieu de réparer réellement. Notre piste cyclable est à toutes fins pratiques détruite. Elle doit être refaite à neuf sur la section où les travaux ont été réalisés.

En ce qui concerne le Chemin du Barrage comme tel, le détournement de la route 112 est venu compliquer radicalement la problématique. Pour ceux et celles qui croient que le ministère du transport va nous refaire une route neuve et que la ville de Thetford va  nous refaire une toute nouvelle piste cyclable, je dois les avertir qu’ils risquent fortement d’être déçus.

Devant une telle situation, il faut se tourner vers une solution à plus long terme qui impliquerait la reconstruction complète, incluant la piste cyclable, du Chemin du Barrage. Pour cela, il nous faudra travailler très fort de concert avec nos autorités municipales et les autorités provinciales. C’est un dossier que l’ARC devrait entreprendre dès maintenant.

mardi 15 novembre 2011

FINANCEMENT DU CENTRE

En date d'aujourd'hui, nous savons que les riverains qui ont investi sous forme d'emprunts ou de placements dans le cadre de l'entente du 27 août dernier signée par l'ARC et les CAISSES DESJARDINS nous vaut une ristourne qui devrait bientôt se chiffrer à 20 000$ (pour 2 millions d'investissements). Il ne faut pas en rester là. Il nous faut absolument atteindre l'objectif du 5 millions d'investissements qui nous permettra d'injecter la somme de 50 000$ dans les coûts afférents à la construction du Centre. Si nous atteignons cet objectif, nous sommes confiants de pouvoir trouver auprès des divers paliers de gouvernement les sommes manquantes.

N.B.: Tous ceux et toutes celles parmi nous qui se sont adressés à l'un ou l'autre des représentants des CAISSES DESJARDINS de la région afin d'obtenir un prêt hypothécaire ou un autre type de transaction financière ont, dans tous les cas, obtenu un tarif concurrentiel. La preuve que LES CAISSES DESJARDINS soutiennent réellement notre projet.

Nous vous demandons de contribuer à la réalisation du Centre (votre Centre!) en faisant appel aux services financiers des CAISSES DESJARDINS de la région (Thetford & Carrefour des lacs). Que ce soit, en y transférant vos placements, en y faisant appel pour de nouveaux placements (REER et cie), pour des valeurs mobilières et des emprunts, etc. Pour toutes ces nouvelles transactions financières, la personne à contacter d'abord est MAXIME COUTURE dont les coordonnées sont les suivantes:

Tél. : 418 334-1222
Sans frais: 1 888 333-3591
Cellulaire: 418 333-6514
Télécopieur: 418 334-1330

Tous les riverains qui auront contribué au financement du Centre, soit en faisant affaires avec les CAISSES DESJARDINS de la région, soit par un don personnel (comme certains d'entre vous l'ont fait déjà!), verront leurs noms gravés sur une plaque à l'entrée du Centre et se verront aussi gratifiés d'un privilège pour certains services offerts par le Centre, dont celui de la location de la salle qui leur sera allouée à moitié prix (modalités à être précisées dans le futur).

S’IMPLIQUER DANS CE PROJET, VOISINS RIVERAINS, C'EST FAIRE MONTRE D'UN SOUCI POUR LES GÉNÉRATIONS FUTURES ET D'UNE SOLIDARITÉ À L’ÉGARD DE TOUS CEUX QUI FRÉQUENTENT, AUJOURD'HUI, LE GRAND LAC SAINT-FRANÇOIS.

Vous trouverez sur le site Internet de l'ARC, votre association, tous les renseignements sur ce projet. Autrement, n'hésitez pas à communiquer avec nous par écrit (arcglsf.@gmail.com) ou par tél. (voir les coordonnées des membres de notre comité, dans le menu du site www.arcglsf.com, à l'item "nous joindre".

Marcel Gaumond, président de l'ARC

P.S.: Objet du blogue de la semaine prochaine, par Normand Baker: "Piste cyclable, au lendemain des travaux de la prise d'eau de Thetford et Chemin du Barrage, suite au passage du traffic lourd de la 112".

lundi 29 août 2011

Retour sur l'activité du 27 août au Terrain communautaire

Chapiteau des Caisses Desjardins où s'est signée l'entente de partenariat 
Le samedi 27 août dernier a eu lieu une activité d'information sur le Terrain communautaire du Grand lac Saint-François. L'invitation avait été lancée quelques semaines auparavant et les riverains ont répondu à l'appel, tout comme le beau temps!
La cinquantaine de visiteurs a donc pu se familiariser non seulement avec le Terrain communautaire, mais aussi les responsables du projet de Centre. Partenaire majeur, Desjardins était aussi présent pour expliquer en quoi consiste ce partenariat d'affaires avec l'ARC.
Marcel Gaumond (à droite), président de l'ARC, remercie les partenaires et les riverains de s'être déplacés
M. Cliche de Desjardins, qui est venu présenter le partenariat avec l'ARC
M. Pierre Bolduc (droite), M. Cliche (centre) et M. Gaumond (gauche) lors de la signature de l'entente avec Desjardins
En cette date du 27 août 2011, Les Caisses Desjardins s’engageaient à verser une somme de 10 000 $ à l’Association des riverains du Chemin du Barrage pour la réalisation de leur projet de Centre sur le Terrain communautaire du Grand lac Saint-François. Cet engagement financier s’inscrit dans un protocole d’entente stipulant qu’en date du 27 août 2011, tout nouvel investissement de la part des riverains du Chemin du Barrage et des riverains du Chemin des Cerfs contribuera au financement du projet de Centre piloté par l’ARC dans la modalité suivante : 1% du capital investi sera versé à l’ARC sous forme de ristourne et ce, jusqu’au montant de 50 000 $. 

Lorsque les sommes versées à l’ARC pour le financement de ce projet aura atteint le montant de 25 000 $, Les Caisses Desjardins pourront alors exiger que le Centre porte le nom de       « Des Jardins ». 
D’autres modalités de coopération seront définies ultérieurement, après avoir fait l’objet d’une entente formelle entre l’ARC et les Caisses Desjardins.

Le groupe de djembé Zoombaké
En plus du beau temps, les invités ont pu profiter du groupe musical de djembé Zoombaké, qui a créé une ambiance agréable et festive durant l'après-midi. Sur cette photo, l'on aperçoit Rémi Grondin (troisième "djembiste" à partir de la gauche) qui, en sa qualité de partenaire du projet, a offert comme prix de présence une fougère (clin d'oeil à la myriade de fougères que l'on trouve sur le terrain communautaire) ainsi qu'une dizaine d'arbustes propices à la revitalisation des rives.
Les gens pouvaient aussi profiter de l'occasion pour se balader dans les sentiers du boisé, qui avaient été généreusement nettoyés et balisés par Donald Carter.

L'un des sentiers du Terrain communautaire

L'ARC tient donc à remercier Desjardins pour son implication ainsi que tout ceux qui ont contribué au succès de cette journée!

Mélanie Jean

M. Sc. géogr.
Personne-ressource en environnement

lundi 22 août 2011

Le Centre du terrain communautaire du GLSF : bientôt une réalité?

Chers voisins riverains, 

Samedi prochain, le 27 août, de 15h à 17h, vous êtes instamment invités, comme le carton qui vous a été récemment distribué vous en informait, à vous rendre sur « Le terrain communautaire du GLSF » afin d’y découvrir les sentiers récemment nettoyés et balisés et afin, également, de prendre connaissance de l’entente de partenariat que nous avons conclue avec Les Caisses Desjardins de la région.

Carton d'invitation à l'activité du 27 août sur le Terrain communautaire
Cette entente qui vous sera brièvement présentée par un représentant des Caisses Desjardins vise au financement du pavillon que nous comptons construire, dès le printemps prochain, sur le terrain. Votre participation à cette entente est importante dans la mesure où elle signifiera de façon concrète votre adhésion à ce projet de Centre sur lequel nous travaillons d’arrache-pied et de façon bénévole depuis maintenant plus de quatre ans.

Vous avez déjà été sensibilisés à ce projet de Centre, à l’occasion des quatre dernières assemblées générales annuelles de l’ARC, de même que par les divers articles qui furent publiés sur le site Internet de notre association, www.arcglsf.com :
  •        Version finale du projet venant d’être mise à jour : voir dans le menu « Dossiers », la rubrique « Centre du Terrain communautaire »
  •        Dans le « Blogue de l’ARC » :
o   13 juin: Sentiers sur le “Terrain communautaire du Grand lac Saint-François”
o   20 juin : Sondage sur le projet de Centre (Terrain communautaire du GLSF
o   27 juin : Un été typique au Centre local de protection du lac et de la forêt sur le terrain communautaire
o   15 août : Coleraine : là où poussent les fougères [présentation de cinq espèces de fougères que l’on trouve sur le terrain communautaire et qui feront l’objet d’un concours d’identification pour les intéressés, lors de la visite du 27 août]
  •        Dans le diaporama de l’AGA de l’ARC 2011
Ne voulant répéter ce qu’il y est dit, je me limiterai, cette fois, à vous donner un aperçu des affiches qui vous seront présentées samedi prochain et qui correspondent chacune à l’une ou l’autre des responsabilités qui furent confiées aux membres du comité chargé par l’ARC d’actualiser ce projet :



Ce plan d'aménagement fut réalisé par l'architecte paysager Edmond Rossbach, bien connu pour avoir contribué au plan d'aménagement du Parc Forillon en Gaspésie. Ce plan fut réalisé avec la participation de Donald Carter, membre de notre comité à qui l'on doit également le nettoyage et le balisage récents des sentiers du terrain communautaire. Les prochaines étapes du nettoyage du terrain en vue de la construction du pavillon et du reboisement seront coordonnées par Normand Baker, autre membre du comité.
L'affiche qui décrit brièvement l'historique du projet et les objectifs du Centre

Cette affiche illustre et commente cinq espèces de fougères que l'on pourra s'employer à identifier en parcourant les sentiers du terrain communautaire. Ces fougères ont fait aussi l'objet du blogue de l'ARC le 15 août, rédigé par Mélanie Jean.

La protection du lac et de la forêt correspond à l'objectif premier que nous avons assigné à notre projet de Centre. Cet objectif correspond également au premier objectif de l'ARC, de même qu'au premier objectif de la (grande) association des riverains du GLSF à laquelle nous avons récemment adressé une demande de contribution financière pour la construction du Centre. Sur cette fiche, on peut voir les essences d'arbres indigènes que Michel Sirois, membre de notre comité, en collaboration avec son fils Alexis Achim, professeur à la faculté de foresterie, de géographie et de géométrique de l'Université Laval, nous ont proposé de planter dans la partie déboisée du terrain.
Protection du lac et de la forêt : ce qui implique naturellement protection de la flore (les 2 fiches précédentes) et protection de la faune (cette fiche et celle qui suit). La présente affiche parle du ravage des cerfs situé sur le terrain communautaire : ce que n'ont pas manqué d'observer tous ceux qui ont circulé dans les sentiers du terrain, en particulier pendant la période hivernale.
Affiche réalisée sur la demande de Roger Lamothe, président de l'ARGLSF, secteur Adstock et président également de la (grande) association des riverains du GLSF. La protection de cette frayère, suivant la présentation faite par Luc Major et Julie Royer du Ministère des ressources naturelles et de la faune, lors de l'AGA du 3 juillet dernier, nous vaudrait d'accroître de façon significative la population des dorés du lac.
Aux noms des membres du comité à qui fut confié l'un ou l'autre des volets du projet de Centre, il faut ajouter les noms de Pierre Bolduc qui en sa qualité d'avocat contribuera à asseoir la structure administrative du Centre sur une base solide et Mario Gosselin qui, en tant que président d'une compagnie de comptables agréés, veillera pour sa part à la saine et viable gestion financière du projet.

Marcel Gaumond
Président de l'ARC

lundi 15 août 2011

Coleraine : là où poussent les fougères

La forêt du Terrain communautaire, tapissée de fougères

Présentes depuis la préhistoire, les fougères tapissent le sol à l’ombre de la forêt qui se dresse sur le Terrain communautaire et il existe pas moins de cinq espèces distinctes! Pour le blogue de cette semaine, nous vous présentons les différentes espèces de fougères qui se retrouvent sur le Terrain du Centre. Lors de votre visite du Terrain, le 27 août prochain, vous pourrez peut-être tenter de les retrouver en forêt!

Qu'est-ce qu'une fougère ?
On associe souvent les fougères aux sous-bois sombres et humides, mais les trois quarts d'entre elles tolèrent facilement quatre heures de soleil direct par jour. Toutes les feuilles des fougères débutent enroulées comme des ressorts de montre, sous forme d'un bourgeon bien particulier : la crosse. A printemps, elles se déroulent, adoptant des allures et des postures remarquables qui permettent de distinguer les espèces les unes des autres : les crosses d'une Athyrie fougère-femelle prennent l'aspect d'un grand bal de lutins, celles de la fougère-aigle commune ressemblent aux serres d'un rapace. Les feuilles des fougères diffèrent des autres feuilles par cette crosse en spirale, très rare dans le reste du règne végétal, et parce qu'elles produisent des semences, les spores. Les botanistes désignent ces feuilles par le mot fronde. Comme bien des plantes sous nos climats, les fougères se fanent à l'automne, mais certaines espèces persistantes restent vertes même pendant la saison froide.

Nous vous présentons donc les cinq espèces présentes sur le Terrain communautaire soit l'osmonde de clayton, l'athyrie fougère-femelle, la fougère-aigle commune, l'osmonde royale et l'onoclée sensible.

Osmonde de clayton (Osmunda claytoniana)
L’osmonde de clayton vit dans divers milieux forestiers où elle colonise les berges des cours d'eau. Elle affectionne les forêts ouvertes et parfois même les endroits ensoleillés comme les fossés, les champs et les pâturages humides. On la trouve dans l'est de l'Asie et l'est de l'Amérique du Nord, tout comme environ 20% des fougères du nord-est de notre continent.

La fronde de l'osmonde de clayton
Comme l'osmonde cannelle, elle est croît souvent en association avec le frêne noir et le frêne de Pennsylvanie. On la trouve aussi dans d'autres types de forêts humides à faible recouvrement, telles les érablières rouges, ainsi que dans certaines sapinières humides et occasionnellement dans des groupes d'épinettes noires.

L'osmonde de clayton peut atteindre une bonne taille rapidement
Les frondes de cette fougère sont très semblables aux feuilles de l’osmonde cannelle et s’en distinguent parfois difficilement. De grande taille, l’osmonde de clayton forme des colonies denses, généralement peu étendues. La disposition en couronne de ses frondes, de taille impressionnante, lui confère une allure imposante et exotique; la disposition de ces couronnes est aussi un autre point en commun avec l’osmonde cannelle.

L'osmonde cannelle ressemble énormément à l'osmonde de clayton
Sur notre continent, contrairement à l’osmonde cannelle et à l’osmonde royale qui se rendent en Amérique tropicale (et même, dans un cas, au Brésil et en Argentine), l’osmonde de clayton est propre à l’est de l’Amérique du Nord. Pourtant, elle détient beaucoup de similitude avec certaines plantes tropicales. Les feuilles de l’osmonde de clayton, fougère bien de chez nous, atteignent parfois une taille très imposante.

Athyrie fougère-femelle (Athyrium filix-femina)
De taille moyenne, l’athyrie fougère-femelle forme des couronnes et pousse en colonies clairsemées. Bien que robuste, ses frondes plusieurs fois découpées évoquent une fine dentelle. En forêt, l’athyrie pousse presque partout et très abondamment.

L'athyrie fougère-femelle
Bien que plus fréquente dans l’est que dans l’ouest, l’athyrie fougère-femelle traverse notre continent aux latitudes boréales et tempérés. Les Grandes Plaines comptent cependant peu de spécimens d’athyrie, ce qui l’associe aux espèces à aire disjointe. Découverte récemment, les populations isolées d’athyrie fougère-femelle de la Saskatchewan représentent-elles les reliques d’une répartition est-ouest jadis continue à travers tout le continent nord-américain ?

Très détaillée, la fronde semble aussi fine que de la dentelle
Elle est abondante en forêt dans les zones humides. On la trouve souvent en compagnie de l'orme d'Amérique, de certains frênes et du peuplier baumier. À l'occasion, on la voit dans les tourbières, en bordure de boisés où croissent l'érable rouge, le thuya occidental et l'épinette noire, ainsi que dans les fourrés d'aulnes et les prés humides.

Fougère-aigle commune (Pteridium aquilinum)
Ce type de fougère croît en colonies denses, souvent très étendues. Peut-être la plus connue de nos fougères, car elle se remarque aisément, grâce à sa forte taille et du fait qu’elle croît dans les habitats secs et à découvert, plus fréquentés par les humains que les habitats humides ou densément boisés. Elle est facile à reconnaître : elle a une forme bien étalée à l’horizontal, presque parallèle au sol et évoquant, pour certains, la silhouette d’un grand oiseau en vol. À première vue, elle est ramifié en trois parties principales. Elle fréquente surtout les lieux ensoleillés : champs et pâturages, clairières des bois, abords des routes ou sentiers. Mais elle pousse aussi dans des milieux semi-ombragés.

L’utilisation de la fougère-aigle commune fut, à travers l’histoire, très multiple. Son usage remonte à l’époque romaine, peut-être même avant, atteignit son apogée vers le Moyen-Âge et dura jusqu’à récemment, touchant bien des secteurs d’activités humaines. Jusqu’au 19e siècle, les Européens employaient les frondes de la fougère pour chauffer les fours (à chaux, à briques, à pain) ou les brûlaient dans d’immenses fosses, dont certaines existent encore en Angleterre, pour extraire leurs cendres riches en potasse. Bouillies avec du suif, les cendres devenaient pain de savon. Elles s’utilisaient aussi pour le lavage ou pour fabriquer de la lessive.

Fougère-aigle commune
Avis aux campeurs, une fronde de fougère-aigle attachée au sac à dos ou à la porte de sa tente découragerait les moustiques! Les frondes contiennent des composés qui repoussent les insectes et inhibent le développement des moisissures, aussi servirent-elles à emballer la nourriture, dont les cerises, d’où un ancien nom français : fougère-à-cerise. Peut-être à cause de ces propriétés, on couvrait le sol de frondes de fougère-aigle commune pour isoler le plancher des masures, les soldats romains s’en faisaient des grabats et, encore au siècle dernier, les Français s’en servaient pour bourrer les matelas. En outre, les frondes servirent de chaume pour le toit des cabanes, de litière pour le bétail et de paillis dans les jardins.

Comme on le voit bien sur cette photo, la fougère-aigle commune prend une forme de parasol
Ce n’est pas tout : des grosses fibres de la tige et du rhizome (racines) on fabriqua du papier (Angleterre, Bornéo, Malaisie), des cordages (Japon) et même, à Bornéo, des cordes de violon! Et le rhizome ? Il servit de succédané au houblon dans la fabrication de la bière en Norvège et en Sibérie. Et plus encore : tiges, feuilles et rhizomes combinés à différents éléments (chrome, alun ou sulfate de fer) produisent des teintures variant du jaune foncé au noir, en passant par différents tons de vert. Ouf! Elle mériterait une médaille d’honneur pour services rendus avec tous ces usages!

Osmonde royale (Osmunda regalis)
De grande taille, l’osmonde royale forme des couronnes d’une dizaine de feuilles et pousse en colonies généralement petites, mais denses. L’osmonde royale est une fougère qui ne ressemble à aucune autre et est plus facilement reconnaissable que certaines autres espèces. C’est en bordure des lacs, comme ici, ou sur les rives des cours d’eau que s’observent les plus belles colonies.

L'osmonde royale se distingue très facilement des autres types de fougères
Une origine divine ?
Le nom Osmunda est d’origine inconnue ou, du moins, incertaine. Il apparait pour la première fois dans la littérature botanique en 1500 chez le médecin botaniste de Strasbourg Brunschwygg, sous la forme osmundi et chez De l’Obel (1576) sous la forme osmunda. Il peut venir d’Osmundr, nom saxon de Thor, dieu scandinave, enfant d’Odin et de la Terre; le tonnerre grondant est son char que des boucs tirent à travers la voûte céleste. Guerrier, dieu de la fécondité, régnant sur le tonnerre, les vents, les pluies, il favorise les récoltes. Efficacité et modestie figurent parmi ses autres attributs; aussi svelte que vigoureux, il se nomme «celui à la barbe rouge» et les Vikings se disaient «peuple de Thor». Thor emblème de la force... le lien s’établit facilement entre cette divinité et les propriétés attribuées à cette fougère.

La feuille (ou fronde) de l'osmonde royale
Un indicateur biologique de la pollution
En absence d’obstacles, les rhizomes de l’osmonde royale, issu d’une spore unique, s’étendent et poussent souvent en une formation plus ou moins circulaire, en sous-bois ou dans les prés. Puisque ce type de croissance permet de calculer aisément la vitesse de propagation du rhizome et que, par ailleurs, les rhizomes poussant dans les milieux pollués montrent une plus grande incidence de mutations que ceux des milieux non pollués, l’osmonde royale possède un certain intérêt comme indicateur biologique de la pollution des cours d’eau. Le taux de progression dans le temps et l’importance de la pollution affectant un site donné, se déterminent par l’évaluation de l’âge et du taux de mutation de différentes sections d’un rhizome.

L’onoclée sensible (Onoclea sensibilis)
Qui n’a jamais souhaité se retrouver, ne serait-ce qu’un instant, au beau milieu d’un groupe de dinosaures vivants? Impossible? Pourtant, les fossés et les sous bois recèlent pourtant une relique tout droit sortie de la flore de l’ère Tertiaire. Inchangée depuis plus de 60 millions d’années, l’onoclée sensible passe pour la plus ancienne fougère existant sur terre.

L'onoclée sensible, la plus ancienne espèce de fougère 
Le genre onoclée ne comprend qu’une seule espèce, l’onoclée sensible. Avec une aire de répartition disjointe comme la sienne, l’onoclée sensible se classe difficilement parmi les espèces circumboréales et environ 20% des fougères de l’est de notre continent (à l’exception des espèces tropicales du sud de la Floride), elle fait partie d’un groupe de plantes dont la répartition fort curieuse fascine les botanistes : leur aire s’étend dans l’est de l’Asie et dans l’est de l’Amérique du Nord, deux territoires très éloignés l’un de l’autre. De toutes les fougères de nos contrées, l’onoclée sensible représente sans doute celle dont les crosses ressemblent le plus aux têtes-de-violon, ces crosses comestibles de la matteuccie fougère-à-l’autruche. Distinguer les crosses de ces deux espèces est primordial, l’une s’avérant un excellent comestible et l’autre, reconnue toxique pour les chevaux, méritant toute notre méfiance.


Plantation écosystémique
Comme vous avez pu le constater, ces espèces de fougères vivent le plus souvent en association avec des espèces d'arbres en particulier. Celles-ci sont d'ailleurs souvent les mêmes que celles prévues dans le projet de reboisement du Terrain communautaire. En effet, nous souhaitons un retour des espèces indigènes comme le bouleau jaune, le sapin baumier, l'épinette blanche, l'érable rouge, le thuya occidental, l'orme d'Amérique (comme pour l'Athyrie fougère-femelle), le mélèze larcin et le frêne noir.

Pour la réalisation de ce blogue, je tiens à remercier tout spécialement Donald Carter, qui m'a grandement aidée à repérer les différentes espèces de fougères sur le Terrain communautaire pour que je puisse les photographier. Un merci aussi à Adamo Sénécal, de Fougère boréale, spécialiste des fougères au Québec, qui a pu m'aider à identifier ces différentes espèces, car pour un non-spécialiste, cela peut s'avérer très difficile.

Source : Fougères, prêles et lycopodes, Guide d'identification Fleurbec, 1993.

Mélanie Jean

M. Sc. géogr.
Personne-ressource en environnement

lundi 8 août 2011

La prise d’eau de Thetford Mines dans le GLSF : un projet majeur pour assurer l’approvisionnement en eau potable

La prise d'eau dans le GLSF, un projet majeur dans la région
Les riverains du Chemin du Barrage et du Grand lac Saint-François (GLSF) ont dû conjuguer depuis plusieurs mois avec certains inconvénients causés par les travaux de la prise d’eau sur leur territoire et le détournement de la circulation en raison de la fermeture d’une portion importante de la route 112 (lumières de circulation, trafic lourd, bruit, etc.). Les travaux de la prise d’eau, dont le coût total est établi à 70 millions $, sont financés aux trois quarts par les gouvernements fédéral et provincial. L’autre portion est assumée par la Ville de Thetford Mines. Ces travaux, débutés en novembre 2010, s'échelonneront en plusieurs étapes jusqu'en 2013. Pour le blogue de cette semaine, nous avons donc décidé de vous présenter un survol de ce projet majeur, de ses différentes étapes et de ses conséquences sur le GLSF, grâce à la collaboration de Normand Baker qui a suivi de très près ces travaux.

Contexte
Le besoin de puiser l’eau dans le Grand lac Saint-François émerge de plusieurs facteurs, suite aux nouvelles normes sur la qualité de l’eau potable. La Ville de Thetford Mines s’approvisionne en eau potable grâce au lac à la Truite, en plus des eaux de surface et des eaux souterraines. Depuis quelques années, on avait observé quelques problèmes, dont un abaissement important du volume d’eau du lac à la Truite. Selon les réglementations, la quantité d’eau du lac ne suffisait pas, ce qui avait un impact direct sur la santé du lac.

En effet, selon certaines exigences du gouvernement du Québec, il semble que la Ville de Thetford Mines n’était plus en mesure d'offrir, en quantité suffisante, une eau respectant les normes exigées. Puis, en juin 2002, le Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs jugea que l’alimentation en eau potable de la Ville de Thetford Mines, à partir du lac à la Truite, ne pouvait perdurer. Le lac à la Truite n’a plus la capacité de soutenir sur le plan écologique les prélèvements d’eau effectués pour les besoins en eau potable de la Ville de Thetford Mines.
Lac à la Truite
Le présent traitement de l’eau brute en provenance du lac à la Truite est non conforme aux exigences réglementaires actuelles. La capacité maximale de pompage autorisée de la source actuelle en provenance du lac à la Truite s’élève de 18 000 m3/jour, alors que l’actuelle demande se chiffre à 12 300 m3/jour. Le prélèvement maximal normalement autorisé se situe à 12 000 m3/jour.

La matière organique présente dans l’eau brute du lac à la Truite réagit avec le chlore intégré formant ainsi des trihalométhanes. Une concentration non conforme aux exigences réglementaires était alors remarquée. Les réservoirs présentement utilisés n’assurent plus la protection adéquate de l’eau. Les usagers de la municipalité d’Adstock, actuellement alimentés par le système de la Ville de Thetford Mines, doivent avoir la possibilité d’être alimentés par la nouvelle source d’alimentation conforme.

Actuellement, quatre systèmes différents d’alimentation en eau potable sont utilisés sur le territoire pour alimenter la ville :
  • Secteur Thetford Mines-Centre (lac à la Truite)
  • Secteur Robertsonville (eau souterraine et eau de surface)
  • Secteur Pontbriand (eau de surface)
  • Secteur Black Lake (deux puits d’alimentation d’eau souterraine)
La barge sur le Grand lac Saint-François, pour installer la prise d'eau
Politique municipale de l'eau (Ville de Thetford Mines)
Fortement inspirée de la Politique nationale de l’eau, la Ville de Thetford Mines s’est dotée, le 26 avril 2005, d’une politique municipale pour une gestion durable de l’eau. Celle-ci constitue un outil concret qui confirme l'engagement de la Ville de Thetford Mines à faire de l’eau, une ressource durable. Elle couvre les quatre axes suivants dont :
  • Gérer la consommation d’eau potable;
  • Poursuivre l’assainissement et améliorer la gestion des eaux usées;
  • Protéger la qualité de l’eau et des écosystèmes aquatiques;
  • Favoriser les activités récréotouristiques relatives à l’eau.
Depuis, tous les efforts de la Ville de Thetford Mines se poursuivent dans l’atteinte d’objectifs visant à consolider sa volonté d’assurer, sur son territoire, une gestion durable et une utilisation de plus en plus soucieuse de l’eau.
La conduite dans le GLSF, dont l'installation s'est terminée en décembre 2010
Le projet de prise d’eau dans le GLSF
Concrètement, le projet consiste à alimenter les citoyens des secteurs de Robertsonville, Pontbriand, Thetford-Sud et Thetford-Centre (soit les citoyens alimentés, avant 2008, par l'eau du lac à la Truite incluant les usagers du lac du Huit) par une même source d’eau brute. Ce projet inclue, notamment, une nouvelle prise d’eau, à partir du Grand lac Saint-François, une usine de traitement, des conduites de distribution de l’eau traitée ainsi que des acquisitions de terrains, des servitudes et autres travaux.

Cet important projet verra le jour selon certaines étapes :
  • Travaux à la prise d’eau au Grand lac Saint-François (prise d’eau, conduites et station de pompage);
  • Construction des conduites d’adduction;
  • Construction de l’usine de production d’eau potable et des conduites d’évacuation et d’amenée;
  • Mise aux normes des réservoirs à l’alimentation du secteur Thetford-Centre;
  • Travaux requis pour la distribution aux secteurs de Robertsonville et Pontbriand (mise aux normes et construction de réservoirs, installation d’une nouvelle conduite d’amenée);
  • Travaux requis pour la distribution au secteur de lac du Huit (construction d’une station de suppression et installation d’une conduite d’amenée);
  • Installation du lac à la Truite (sécurisation des postes);
  • Travaux de mise aux normes des installations du secteur de Black Lake (puits d’alimentation, poste de pompage, réservoirs Laliberté et Christophe-Colomb).

Travaux pour la conduite à l'automne 2010 sur le Chemin du Barrage
Pour la construction du poste de pompage, voici l’échéancier :
Poste de pompage : 30 jours – novembre 2011
Puits de pompage : 87 jours – août 2011
Fondations du bâtiment : 113 jours – novembre 2011
Construction de la bâtisse du poste de pompage : 2012



Beaucoup de travaux seront fait cet automne, en octobre et en novembre :
Travaux de la prise d’eau immergée 90 jours – novembre 2011
Installation des pieux (possibilité de bruit) 48 jours – octobre 2011
Installation de la conduite de la prise d’eau 33 jours octobre 2011
Installation de la crépine 2 jours – novembre 2011

Principales étapes des travaux de la prise d'eau au GLSF,
dont la conduite d'adduction le long du Chemin du barrage


Les travaux pour la conduite d'adduction sur le Chemin du barrage, débutée en novembre 2010 et dont la fin des travaux était prévue pour juillet 2011 s'échelonneront davantage à une date ultérieure qui nous est inconnue pour l'instant.


Étude d'impact sonore relié à l'implantation de la station de pompage
Yockell Associés inc. a été mandaté par la Ville de Thetford-Mines, afin de réaliser une étude de bruit reliée à l’implantation de la station de pompage sur le Chemin du Barrage dans la municipalité de St-Joseph-de-Coleraine. L’étude de bruit comporte deux volets principaux. Le premier volet consiste en une étude de bruit du milieu sonore actuel. Ce volet vise à déterminer les niveaux sonores aux résidences les plus rapprochées des sites d'implantation. Le second volet de l’étude est basé sur des simulations des niveaux sonores qui résulteront des activités rattachées à la construction, à l’exploitation de la station de pompage et d’en déterminer l’impact.

De manière à caractériser les niveaux de bruit ambiant actuels du milieu localisé à proximité du site du projet, un point de mesure a été sélectionné. La localisation de ce point est situé au 642, Chemin du Barrage. Ce relevé a été réalisé entre 10 h le 9 mars et 11 h le 10 mars 2010.

Voici les différentes sources de bruit qui ont été identifiées :
  • Station de pompage
  • Conduite de raccordement à l'usine de traitement
  • Utilisation de la génératrice
  • Exploitation normale de la station de pompage
Par exemple, voici l'impact sonore de l'utilisation de la génératrice. Plus on s'éloigne de la source du bruit (75 dBA), plus celui-ci diminue pour atteindre 40 dBA dans la zone verte.
Isophone du bruit résultant de l'utilisation de la génératrice, étude d'impact sonore Yockell Associés inc.


Conclusions de l'étude
L'exploitation de la station de pompage n'entraînera aucun impact tant de jour que de nuit aux différentes habitations localisées à proximité du site. Au regard de l’ensemble des résultats, il appert que les niveaux sonores résultants des activités reliées à la station de pompage seront inférieurs en tous lieux aux limites sonores fixées par l’approche normative du MDDEP. Toutefois, en cas d'urgence, l'utilisation de la génératrice pourrait dépasser les limites prescrites en période nocturne. Pendant certains travaux de construction, les activités pourraient entraîner des niveaux sonores dépassant les 55 dBA. Ces activités seront principalement l'excavation de la station de pompage et la construction de la conduite de raccordement. Cependant, en raison de la durée de ces événements, les impacts ressentis seront faibles.

Tous les efforts semblent avoir été faits pour réduire le bruit causé principalement par les pompes. Si l'on se fie à cette l'étude, nous ne devrions pas entendre quoi que ce soit, surtout durant la nuit.

La principale source de bruit va provenir de la génératrice installée à la station de pompage, qui fonctionnera en cas de panne. Cette dernière, heureusement, ne sera en opération que pour son entretien préventif et lors des pannes de courant, quand même assez courantes mais de courte durée habituellement.  L'entretien préventif devrait se faire de jour durant la semaine afin d'éviter de faire du bruit inutilement durant les périodes tranquilles de la journée.

Bref, il est certain que le maximum a été fait pour minimiser le bruit, mais une chose est sûre, les riverains du Chemin du Barrage vont perdre la tranquillité sauvage dont ils pouvaient jouir à certaines périodes de la journée. Si la station de pompage devait s'avérer plus bruyante que prévue, les riverains pourrons exiger la construction d'un mur acoustique.

Problèmes de sédiments dans certains fossés
Malgré toutes les précautions qui ont été prises, la construction de la conduite d'eau souterraine a eu entre autres pour conséquence l'accumulation de sédiments à certains endroits.


Voici de quoi peut avoir l'air l'accumulation de boue, comme c'est le cas dans un petit fossé, situé entre le 688 et le 690 Chemin du Barrage et dont l'eau (et les sédiments aussi) termine sa course dans le lac. La municipalité de Saint-Joseph-de-Coleraine en a été mise au courant et elle a ensuite averti la ville de Thetford Mines à ce sujet.

À certains endroits, la boue s'accumulait rapidement
Heureusement, la semaine dernière, le pompage des sédiments dans ce petit fossé a été effectué, ce qui risque de fortement diminuer la pollution qui se faisait dans le lac à cette hauteur.
Pompage des sédiments accumulés par Vital Daigle (en bas à droite), de Sani-Thetford 2000. Aussi présent sur cette photo Stéphane Giguère, riverain du 690 Chemin du Barrage (le fossé passe entre son terrain et celui du 688).

La piste cyclable
La piste cyclable sur le Chemin du Barrage a été grandement affectée et fermée aux usagers à la hauteur des travaux
En ce qui concerne la piste cyclable, elle a été grandement affectée par les travaux, à la hauteur de la future station de pompage, au début du Chemin du barrage et était inutilisable dans cette portion. Il faudra qu'elle soit refaite dans cette portion. L'Association s'adressera à la municipalité et la ville afin qu'on restaure la piste cyclable.

Conclusion
Pour l'instant, les prévisions concernant les coût de ce projet sont positives. En février 2011, le maire de Thetford Mines, Luc Berthold, annonçait une économie de 4 millions de dollars par rapport aux estimations de départ et le 23 juillet dernier, le directeur des travaux publics M. Grondin, avançait dans un article du courrier Frontenac qu'il est même possible que l'on atteigne pas le maximum des dépenses. De plus, la Ville de Thetford s'est engagée à réparer tout ce qui a été endommagé par les travaux et donc repaver la piste cyclable à cette hauteur.

Constatant que la qualité de vie des riverains s'est vue et se voit encore affectée par ces travaux pendant une période de plusieurs mois, l'ARC aurait souhaité une compensation de la part de la Ville de Thetford Mines: une compensation qui aurait pu se traduire par une contribution financière au projet de Centre du terrain communautaire qui vise prioritairement la protection de la qualité de l'eau du Grand lac Saint-François. Lors d'une démarche effectuée par Marcel Gaumond, président de l'ARC et Normand Baker, porteur du dossier "prise d'eau de Thetford dans le GLSF", auprès de Luc Berthold, cette demande de compensation fut présentée. Après avoir précisé qu'une telle compensation n'avait pas été initialement prévue dans le budget des opérations en question, M. Berthold avança toutefois l'idée - par la suite bien accueillie par le conseil de ville de Thetford, d'offrir en soutien du projet de Centre une commandite qui s'étendrait sur une période de 5 ans, à raison de 2 500$/an. Et ce, à condition d'installer sur le terrain communautaire  un panneau présentant l'ensemble des opérations relatives à la prise d'eau dans le GLSF.

Mélanie Jean
M. Sc. géogr.
Personne-ressource en environnement


lundi 1 août 2011

Les plantes envahissantes, un ennemi coriace

La renouée japonaise, l'une des pires plantes envahissantes
Sans aucun doute présentes dans votre cour, les plantes exotiques envahissantes font maintenant partie du décor au Grand lac Saint-François. L’introduction d’espèces végétales exotiques envahissantes n’est d’ailleurs régie par aucune législation spécifique au Québec. Plusieurs les ont plantés sans se douter du danger d’envahissement qu’elles pouvaient représenter.

Trois espèces floristiques envahissantes sont actuellement recensées en bordure du Grand lac Saint-François, soit le roseau commun, la salicaire pourpre et la renouée Japonaise.

Deux des trois principales espèces envahissantes sont particulièrement problématiques sur le territoire. Le roseau commun (phragmites australis) qui a considérablement envahi les berges du Grand lac Saint-François (GLSF) et menace d’envahir des secteurs à haute valeur écologique, et la renouée Japonaise (polygonum japonicum) qui est présente à quelques endroits, mais qui menace d’envahir le territoire. Depuis 2002, un programme de suivi de l’envahissement du GLSF par le roseau a été mis en place.
La renouée japonaise, lors de sa période de floraison à la fin de l'été
En 2007, le parc Frontenac a mis en place un programme de suivi et de contrôle des populations de roseaux à l’intérieur du secteur sud afin de limiter sa présence. Certaines interventions montrent des signes très encourageants. En ce qui concerne la renouée, sa présence au parc a été confirmée pour la première fois en 2008. Depuis, le parc Frontenac a réalisé des actions afin de la contrôler et, avec l’objectif, de l’éradiquer du parc. Cette espèce représente une menace importance au maintien de l’intégrité écologique de plusieurs secteurs du parc.

La renouée Japonaise
Gare à ceux qui osent la planter! Avec ses petites fleurs blanches et ses grandes feuilles vertes, la renouée semble inoffensive. Pourtant, malgré cette apparence se cache une redoutable prédatrice, ne laissant aucune chance aux plantes adverses souhaitant barrer son chemin. De prime abord, ces caractéristiques peuvent séduire le jardinier, mais il ne faut pas se laisser tromper ! Cette belle plante figure au palmarès des 100 pires espèces envahissantes de la planète selon l'Union mondiale pour la nature (UICN). Introduite dans les jardins au 19e siècle, elle s’est rapidement approprié le territoire et a depuis quitté les carrés verts engazonnés pour se faire la malle en pleine nature et conquérir le monde. La renouée aime les sols ensoleillés et humides propices à son épanouissement.

La renouée japonaise est une plante très coriace qui peut pousser jusqu’à cinq centimètres par jour et ses racines peuvent même descendre jusqu’à deux mètres sous terre. Ces tiges souterraines libèrent des toxines qui empêchent l'établissement d'autres végétaux alentour. En Amérique du Nord, la plante se reproduit essentiellement de façon végétative, mais ce mode de reproduction est fort efficace : un minuscule fragment de tige ou de rhizome peut donner naissance à un nouveau plant. En outre, les fragments de rhizome peuvent demeurer en dormance dans le sol pendant 10 ans. Enfin, l'absence d'ennemi naturel facilite également l'établissement de cette véritable peste.

Comment la reconnaitre?
Plusieurs jardiniers bien intentionnés se laissent duper par cette charmeuse qui se révèle être une envahisseuse féroce! La renouée mesure de 75 à 300 cm, aime les habitats humides et les bordures de plan d’eau. Elle possède des tiges creuses et noueuses semblables à du bambou et ses fleurs en grappes, qui apparaissent à la fin de la saison estivale sont de couleur blanche. Elle ne produit pas de graines.
La renouée japonaise, photo prise chez un riverain du Grand lac Saint-François
Quelles sont les mesures à prendre contre la propagation de cette plante ?
L'éradication de la renouée japonaise est extrêmement difficile, aussi faut-il éviter à tout prix de la cultiver. Si la plante est présente dans votre jardin, coupez ses tiges au ras du sol, et ce, à plusieurs reprises pendant la saison, de façon à épuiser ses réserves. Vous devrez procéder ainsi pendant plusieurs années.

La technique du fauchage et l’arrachage systématique pendant plusieurs mois consécutifs, puis une plantation d’espèces autochtones pour la concurrencer semble être la seule méthode envisageable. On créera alors une biodiversité assez saine pour que la renouée ne puisse plus se développer sur d’autres terrains. Vous pouvez l’arracher, mais n’oubliez pas que ses rhizomes sont très profonds et vous risquez d'oublier des fragments dans le sol. Ne compostez pas les résidus de taille et ne les jetez pas dans la nature.
La renouée japonaise peut atteindre rapidement une taille impressionnante
Tout déchet de renouée japonaise doit être surveillé jusqu’à dessèchement (conteneur spécial ou sac) et non dispersé dans la nature, les fauches ne peuvent être à elles seules une solution, et le curage des berges doit être évité. Tout travaux sur des berges doivent être suivis d’une replantation de végétation locale (par exemple du Sureau du Canada, l’Angélique pourpre ou du Cornouiller stolonifère)  pour éviter les zones d’ensoleillement.

Le Sureau du Canada ou Sureau blanc

Le défi de son élimination est de taille. Plusieurs études sont en cours en Angleterre afin de développer des méthodes de lutte biologique (champignon, insectes).

Le roseau commun
Plusieurs plantes venues d’ailleurs sont présentes au Grand lac Saint-François. Le roseau commun est certainement celui qui cause le plus de problèmes actuellement et pas seulement ici, mais dans toute la province. Bien implantée sur les berges du lac depuis quelques décennies, cette graminée déloge les autres plantes naturelles et fait disparaître des habitats qui étaient propices à la faune. L’arrivée du roseau commun a été favorisée par l’implantation du réseau routier dans la région et par les constructions et aménagement.


Le roseau commun est désormais répandu et bien installé à la grandeur de la province

La présence du roseau commun au Grand lac St-François
Il existe bel et bien un lien entre la proximité des routes et la présence du roseau commun. Ceci expliquerait en partie le phénomène d’envahissement du roseau. Des études ont d'ailleurs démontré que plus l’on se situe près d’une route pavée, près d’une résidence construite après 1990 et près de l’exutoire du lac (barrage Jules-Allard), plus y a de chances de rencontrer du roseau. Ce lien pourrait être attribuable au courant de l’eau qui y transporte naturellement des graines et des fragments de tige.

Le parc national Frontenac observe, depuis plusieurs années, une augmentation des populations de roseau commun sur les berges et à différents endroits dans le Grand lac Saint-François. Un projet de recherche ayant eu lien dans les dernières années a permis d'orientation le personnel de la conservation dans certaines actions pour limiter la progression de cette plante.

Le roseau commun fait désormais partie du paysage du GLSF. Nous devons apprendre à vivre avec cette plante et devons demeurer vigilants afin que d’autres espèces envahissantes ne viennent réduire la biodiversité du parc.

Le roseau commun envahisseur est assurément une plante très compétitive, mais elle n'est pas la seule espèce compétitrice dans les marais. D'autres plantes, particulièrement celles qui font beaucoup d'ombrage, sont probablement tout autant compétitives dans des conditions (niches) optimales à leur établissement et leur croissance. Connaître ces plantes et ces conditions constitue une première étape fondamentale dans le développement de techniques de contrôle du roseau commun faisant appel à des plantes compétitrices.

La salicaire pourpre
Cette plante envahissante a elle aussi fait son apparition au Canada au 19e siècle. Cette plante très prolifique fait compétition aux plantes indigènes et finit par les remplacer. La salicaire a donc tendance à envahir les régions où elle s'installe au détriment des plantes indigènes qui disparaissent.
La salicaire pourpre est une plante que l'on voit très fréquemment sur le bord des routes du Québec

Les racines de la salicaire pourpre s’enfoncent jusqu’à 30 cm ou plus dans le sol. Il est donc difficile d’arracher la plante. Même en la brûlant, ses racines survivent et le plant peut repousser.

La salicaire pourpre est sans aucun doute une espèce envahissante. Par contre, il est beaucoup moins sûr qu’elle soit aussi nuisible qu'on le croyait, du moins au Québec. En effet, certaines études récentes minimisent les conséquences de cette espèce sur la flore des milieux humides et ont montré que :

  • l’invasion de la salicaire pourpre a probablement eu lieu surtout avant 1900. L’expansion se poursuit, mais, depuis 1946, elle se fait à un rythme beaucoup plus lent;
  • l’impact global de la salicaire pourpre sur la biodiversité le long du Saint-Laurent est peu important par rapport à celui d’autres espèces comme l’alpiste roseau et le roseau commun;
  • la salicaire pourpre se définit comme une plante très compétitive qui écarte de son chemin les autres végétaux. Cependant, ce phénomène est rarement observé dans la réalité. Cette espèce prend effectivement de la place, mais n’éradique pas les autres plantes des marais;
  • les jeunes plants seraient plus envahissants que les autres, car avec le temps la plante deviendrait moins vigoureuse et laisserait le champ libre aux autres espèces indigènes. Il s’agit toutefois d’une hypothèse.

Les plantes envahissantes sont un ennemi coriace auquel beaucoup de riverains du Québec doivent faire face. Pour l’instant, il n’existe pas de recette miracle pour éradiquer ces plantes. Peut-être qu’à l’avenir un moyen de lutte biologique sera disponible, mais d’ici là, la seule arme disponible semble être la patience!

État de l'invasion de la renouée Japonaise sur le Chemin du barrage
L'ARC aimerait savoir si vous aussi êtes envahi par la renouée Japonaise! Nous vous invitons à répondre à notre sondage sur les plantes envahissantes! Merci de nous en informer!

Accédez au sondage

Mélanie Jean
M. Sc. géogr.
Personne-ressource en environnement

lundi 25 juillet 2011

Le niveau des eaux du Grand lac Saint-François, une problématique de grande ampleur

Le niveau de l'eau d'un lac est primordial pour la vie sur le littoral et dans le lac
Autrefois nommé Ônkobagak (qui signifie « lac relié ») par les Abénaquis, le Grand lac Saint-François est la source de la rivière qui porte le même nom. Comme il est au coeur d'un bassin versant majeur du sud du Québec, l'eau du lac est d'une importance cruciale pour les nombreuses villes et municipalités de la région, surtout depuis les 100 dernières années. Au Grand lac Saint-François (GLSF), le niveau de l’eau du lac varie grandement d’une saison à l’autre. Ce phénomène, appelé marnage, est d'une ampleur exceptionnelle au GLSF. L’hiver, le niveau du lac descend et durant l’été, selon les précipitations du printemps, il se retrouve beaucoup plus élevé par rapport à la saison hivernale. L’amplitude annuelle moyenne du marnage enregistrée pour la période de 2004 à 2008 y était de 5,08 mètres, atteignant parfois plus de 6 mètres, ce qui est énorme en comparaison avec d'autres lacs. 


Par exemple, pour le lac Memphrémagog dont le bassin versant est de 1 770 km2 et la superficie du lac est de 95 km2, on réussit à laminer les crues à l'intérieur d'une variation médiane de 0,7 m. Pour le complexe GLSF et du lac Aylmer les conditions sont sensiblement les mêmes. En effet, le bassin versant est de 1 730 km2 et l'aire totale des réservoirs est de 98,3 km2. On devrait donc normalement pouvoir laminer les crues à l'intérieur d'un marnage du même ordre de grandeur. Pourquoi est-il donc requis que la variation médiane des niveaux soit de 5,5 m, au GLSF, et de 1,6 m, au lac Aylmer ? Cela n’est pas sans conséquence pour la vie à l’intérieur et autour du lac. Plusieurs problèmes associés à ce phénomène sont observés, dont l’érosion des rives et l’endommagement des quais et autres équipements riverains.

Depuis plusieurs années, l’Association des riverains du Grand lac Saint-François (la grande Association) et le Regroupement pour la protection du Grand lac Saint-François se préoccupent beaucoup de cette problématique et en ont fait l'une de leurs grandes priorités. Le blogue de cette semaine se penche donc sur ce délicat sujet. J'ai pu d'ailleurs profiter de la collaboration de Donald Carter (ing., D.Sc.,), responsable du dossier du niveau des eaux du lac pour l'ARC.


Les variations du niveau du lac dues aux activités du barrage Jules-Allard créent beaucoup de pression sur les différentes espèces aquatiques. Lorsque le niveau du lac est bas, cela crée même une perte d'habitat pour la faune et la flore sur le pourtour du lac (puisque des zones se retrouvent à découvert une fois le niveau abaissé). 


Nymphéa, magnifique plante aquatique du GLSF (photo René Charest)
La flore est un excellent indicateur de la qualité écologique d'un milieu et protège aussi contre l'érosion. Avec le marnage, la végétation peut se retrouver enfoui sous des sédiments, son cycle de croissance devient perturbé et le gel l'affectera davantage. Il en résulte donc une perte de biodiversité, une diminution de certaines espèces au profit de certaines autres, une augmentation de l'érosion des rives et une augmentation de la turbidité de l'eau.


De plus, la reproduction des espèces peut être aussi affectée, c’est d’ailleurs le cas des dorés où les frayères sont asséchées par une diminution du niveau du lac, ce qui déshydrate les œufs. On observe par conséquent une diminution des populations de dorés et des activités récréatives de pêche dans le lac, mais il faut cependant reconnaître que le CEHQ a adapté son plan de gestion afin d’éviter l’assèchement des frayères au lac. Nous avons d'ailleurs déjà parlé de ce problème, avec notamment l'étude de M. Luc Major du MRNF dans le blogue sur l'ensemencement du doré dans le Grand lac Saint-François (voir le blogue du 13 juin dernier). 


Trois des neuf espèces d'amphibiens retrouvées au GLSF ont le statut menacées, vulnérables ou susceptibles de l’être. Le fait d’avoir ces espèces d’amphibiens au statut précaire sur le bord du lac est une bonne nouvelle : cela signifie que le lac, malgré tout, permet la présence de ceux-ci.

Le barrage Jules-Allard, reconstruit en 1986-87 et d'une longueur de 200 mètres, régule quotidiennement
le rythme de vie du Grand lac Saint-François
Pourtant, les objectifs de la régularisation du barrage Allard peuvent toutefois être perçues comme valables :
  • Assurer la sécurité des ouvrages
  • Assurer le contrôle des inondations
  • Respecter les besoins environnementaux (fraie des poissons, érosion des rives, etc.)
  • Respecter les besoins de la villégiature
  • Répondre aux besoins de production hydroélectrique
  • Assurer l’alimentation en eau potable


Au moment de sa construction en 1917, alors que l’activité économique principale de la région était la coupe forestière, le barrage Jules-Allard avait comme principal but de permettre la « drave » des billots de bois vers l’aval de la rivière Saint-François. Par la suite, avec la construction de centrales hydroélectriques en aval et les changements de moyens de transport du bois, les principales fonctions attribuées au barrage sont devenues la régularisation du débit de la rivière Saint-François pour éviter les inondations en aval et la création d’une réserve d’eau pour alimenter de petites centrales hydro-électriques. Le barrage Jules-Allard fut reconstruit en 1987 pour mieux l’adapter à sa nouvelle vocation.


Même si le Barrage Jules-Allard, via lequel le niveau d'eau du Grand lac Saint-François est contrôlé, a été inauguré en 1987 et qu'il sert entre autres à la production énergétique, il n'a fait l'objet d'aucune étude d'impact environnemental. Malheureusement, ce changement annuel du niveau de l'eau du GLSF est suffisant pour perturber la faune et la flore et ses habitats. Le marnage serait-il un mal nécessaire permettant d'atteindre les objectifs de régularisation des eaux visant la sécurité du barrage Allard et des territoires en aval du barrage ?

Si nous nous référons aux documents publiés par le Centre d'expertise hydrique du Québec (CEHQ), nous notons que le gestionnaire doit, en période estivale, respecter, dans la mesure du possible, les contraintes du tableau suivant :


La gestion actuelle des débits au barrage Jules-Allard est basée sur les résultats de l'étude de détermination des cotes de crues faite en février 2004 et aucune étude n'est postérieure à celle-ci. Dans l'étude de 2004, il y a plusieurs mises en garde à l'effet que ce barrage (le barrage Jules-Allard) est situé en amont du secteur à l'étude et que sa gestion peut influer directement sur les conditions d'écoulement observées dans le secteur étudié. De plus, il est clairement signalé qu'une modification à la gestion du barrage aurait une influence directe sur les débits et les niveaux. Ne doit-on pas conclure que l'actuelle gestion du barrage Jules-Allard est basée sur une étude qui implique une gestion particulière de celui-ci ? En d'autres mots, la gestion actuelle du barrage ne doit-elle pas calquer la gestion en vigueur lors de l'étude de 2004 ?


Le dossier du niveau des eaux du lac n’est pas facile compte tenu des attentes parfois divergentes des riverains. Toutefois, avec un peu de bonne volonté et une meilleure compréhension des phénomènes, il est possible d’atteindre des conditions qui seraient à l’avantage des tous.

Pour simplifier le problème, limitons nous à la période estivale qui peut se diviser en période «normale» et en période «exceptionnelle de crue».

En période «normale», un sondage qui n’a rien de scientifique indique que la très grande majorité des riverains du Chemin du Barrage souhaiteraient que le CEHQ maintienne un niveau qui se situerait entre :
  • le niveau normal d’exploitation (289,57 mètres)
  • les niveaux médians mensuels observés depuis 38 ans
c’est-à-dire
289,466 m en mai
289,386 m en juin
289,276 m en juillet
289, 156 m en août

Ces niveaux auraient un double avantage. D’abord, ils maximaliseraient les zones humides autour du lac où se cachent, dans les plantes aquatiques, les petits poissons pour échapper à leurs prédateurs. De plus, ces niveaux permettraient aux riverains des zones de faible profondeur d’utiliser leur bateau sans devoir se construire des quais qui peuvent maintenant atteindre 200 pieds à certains endroits ni devoir déplacer à répétition leur lève-bateau.

Sincèrement, nous ne croyons pas que le niveau demandé par les riverains du Chemin du Barrage pour les conditions d’exploitation normale cause un préjudice aux riverains des autres secteurs. Cependant, pour les périodes exceptionnelles de crue, par solidarité avec les riverains de ces autres secteurs, nous demanderons aux gestionnaires du CEHQ d’être très vigilants et de tenir compte des deux phénomènes suivants :
  • sous l’effet des contraintes tangentielles exercées par le vent, il y a une surélévation du plan d’eau dans les secteurs « sous le vent ». Par exemple, pour un fort vent soufflant de l’Ouest, le niveau d’eau sera plus élevé dans la partie Est du lac que dans la partie Ouest. Ce phénomène s’appelle la «seiche»;
  • le deuxième phénomène plus connu s’appelle les vagues.

L'ARC demande donc aux gestionnaires du CEHQ qu’en période de crue la crête des vagues sur tout le pourtour du lac demeure sous la limite des droits d’inondation du Gouvernement fixée à 290,18 mètres.

Nous croyons que nos demandes sont tout à fait raisonnables et qu’elles permettront à tous les poissons, petits et gros, de profiter pleinement de notre lac. Toutefois, il faut reconnaître que, vérification faite, c'est à l'unanimité au conseil d’administration de la Grande association, que la demande qui fut adressée au CEHQ à l'effet que le niveau estival soit maintenu à 289,2 mètres. Si ce niveau était de fait respecté, un pas déjà serait fait dans le sens des attentes d'un bon nombre de riverains.


Un barrage et un parc national
Plusieurs se demanderont comment se fait-il que le Grand lac Saint-François soit géré par un barrage puisqu'il est protégé par un parc national (le parc national Frontenac). À première vue, cela peut paraître très contradictoire, car près de 55 % des rives sont protégées par le parc national.
La vaste tourbière du Parc national Frontenac, la tourbière structurée
la plus au sud au Québec (secteur Saint-Daniel)
C'est que la limite du parc se situe à 100 mètres de la limite des hautes eaux. À ceci s'ajoute la baie aux Rats-Musqués, la baie des Sables, la baie Beaulieu, la baie Saint-Pierre, la grande majorité de la baie Sauvage et une partie de la rivière au Bluets.


Au Québec, il n'existe pas beaucoup d'endroit où un parc national et son lac subissent un tel marnage. Et d'ailleurs, selon le répertoire toponymique, le Grand lac Saint-François est un lac, non pas un réservoir (le lac existait avant le barrage). Il ne doit donc pas être géré en tant que réservoir, mais bien en tant que lac. Comme le démontre l'image suivante, prise à la Baie aux Rats Musqués (situé dans la partie nord du parc national) la variation du niveau de l'eau se fait ressentir grandement dans le parc Frontenac. La différence entre les deux moment où a été pris la photo est frappante.
Photo du haut : Baie aux Rats Musqués le 30 avril 1999
Photo du bas : Baie aux Rats Musqués le 26 avril 2000

Le Regroupement pour la protection du Grand lac Saint-François (RPGLSF)
L'un des principaux objectifs du RPGLSF (de priorité élevé) est de minimiser les impacts du marnage sur la qualité de l’eau et la biodiversité du Grand lac Saint-François. Ses cibles à moyen termes sont : d’ici 2013, un plan de gestion spécifique du barrage Jules-Allard visant à atténuer l’amplitude du marnage afin d’en minimiser les effets négatifs et un plan de travail et de financement visant la documentation des impacts du marnage sur la qualité de l'eau du GLSF.

Compte tenu de l’ampleur de la variation annuelle, les riverains du Grand lac Saint-François s’inquiètent, avec raison, de la santé de leur lac et des impacts pouvant être ressentis par les différentes composantes biologiques de son écosystème. Une profonde remise en question se doit d'être faite quant à la pratique du marnage et les répercussions qu'elle engendre, notamment au niveau de l'augmentation des concentrations de phosphore dans l'eau qui amènent la prolifération de cyanobactéries (algues bleues). Jusqu'à quel point doit-on accepter d'endommager l'écosystème d'un lac pour assurer des besoins en hydroélectricité et contrôler les inondations ?

Mélanie Jean
M. Sc. géogr.
Personne-ressource en environnement